Ordre des Frères Mineurs franciscains du Canada

Une deuxième passion du Père Frédéric: le Tiers-Ordre

Si l’on peut affirmer que la première passion du Père Frédéric fut son amour de la Terre sainte et du Seigneur Jésus, on peut dire que sa deuxième passion fut le Tiers-Ordre (ou Ordre franciscain séculier, aujoud’hui appelé OFS). L’une des trois missions confiées au Bienheureux Frédéric arrivant au Canada en 1888 fut de restaurer la famille séculière de saint François, établie solidement au pays par les Récollets.

Jusqu’à sa mort en 1916 et avec grand acharnement dans les quatre premières décennies du 20e siècle une phalange de Françiscains de la nouvelle Province (fondée en 1890) s’employa à fonder de nouvelles Fraternités séculières et de les rendre vivantes, au point de passer de 90 en 1897 à 295 en 1915. Donc 125 nouvelles fraternités, dont la progression a cessé vers 1935. Avant le Père Frédéric, il y avait au pays 37 fraternités sous la responsabilité du clergé diocèsain, des Sulpiciens et des Jésuites. C’est en 1923 que le Canada détenait son record en nombre, le 2e rang dans le monde, rivalisant avec le Mexique, l’Italie, l’Amérique du sud et la péninsule ibérique.

L’un des plus grands arguments du Pape Léon XIII pour renouveler le Tiers-Ordre, c’étaient les avantages spirituels d’appartenir à la Famille franciscaine, sous un aspect glorieux de la vie de Saint François : l’Indulgence pléniaire de la Portioncule qu’avait obtenue François du Pape de son temps, vers 1216, une Indulgence absolument gratuite, sans obligation de faire un pèlerinage à l’un des tombeaux des Apôtres. Les Cardinaux avaient obligés le Pape à reculer après avoir dit oui au Poverello, en gardant «cachée la nouvelle de ce Privilège, car, disait-il, «Très Saint-Père, vous ruinez tous les revenus des grands lieux de pèlerinage, y compris le tombeau de saint Pierre.». Les autres Papes emboîtèrent le pas, jusqu’à 1289, à l’élection de Nicolas IV, premier Pape franciscain, qui rendit alors publique cette Indulgence. Le déferlement des pèlerins à Rome, jusqu’en l’an 1300 fut tel qu’on peut attribuer le lancement des Jubilés dans l’Église à la grande fête du Pardon d’Assise, le 2 août. Onze ans seulement après la promulgation du Grand Pardon d’Assise, la première Année sainte de l’Église catholique!

Le charisme franciscain, dans l’Église, avait donc une longueur d’avance sur tous les Instituts religieux, prônant la sainteté de vie et la rémission complète des peines dues aux péchés. En un temps où le péché originel causait tant de cauchemars, les Indulgences plénères gratuites constituaient vraiment le meilleur avantage spirituels qui soit. Il est sans doute probable que «l’Excellence du Tiers-Ordre» ait été envisagée à partir de cette Indulgence plénière, – un équivalent de la MISÉRICORDE, si chère au Pape François, – plutôt qu’à partir des Évangiles eux-mêmes en leur entier, résumés en Règle de vie.