Ordre des Frères Mineurs franciscains du Canada

Le frère Gabriel prononce ses voeux temporaires

Le frère Gabriel prononce ses voeux temporaires

Frère Gabriel lors de sa profession temporaire

Mathieu Lacerte-Robitaille, maintenant appelé frère Gabriel, a passé un an au noviciat franciscain de Burlington au Wisconsin. À 36 ans, il a prononcé ses vœux temporaires cet été, le 2 août dernier. Il nous a accordé une entrevue réalisée quelques jours seulement après cette expérience marquante. Il nous livre son témoignage et ses sentiments avec générosité et émotion.

À quel moment avez-vous su que c’est ce que vous vouliez?

Je pense que ce choix m’a toujours un peu habité. Même à l’adolescence, je disais souvent que j’aimerais être prêtre, un genre de prêtre dans la rue pour aider les gens sur le terrain. Puis vers l’âge de 26 ans, j’ai pensé joindre un Séminaire mais ma démarche était plus ou moins réaliste. Alors, j’ai attendu un peu et j’ai mené ma vie jusqu’en 2013, alors employé du CSSS de Trois-Rivières. En 2013, j’ai fait les démarches pour entrer au Grand séminaire de Québec où j’y ai été séminariste pendant un an.

Pourquoi avoir choisi les Franciscains?

Je connaissais bien les Franciscains puisque mon école primaire visitait chaque année le Musée Père Frédéric. Puis lors de mon année de Séminaire, je suis tombé sur le livre Retour à l’évangile par l’auteur franciscain Éloi Leclerc. Plus mon année avançait, plus je me rendais compte que mes moments ‘’favoris’’ étaient ceux passés ensemble: offices, messes, repas en commun, etc. Bref, les moments de vie en communauté, ce à quoi je ne me destinais pas en tant que prêtre diocésain. Et un jour, avec mon accompagnateur spirituel, nous en sommes venus à voir que j’étais un homme fait pour la vie en communauté et après 3 ans chez les Franciscains, j’y suis si bien.

Comment votre famille et vos amis ont-ils réagi suite à l’annonce de votre décision?

Ils ont tous été surpris que je quitte tout pour joindre la vie religieuse puisque ma famille fréquentait très peu l’église. Mes amis eux ont été très surpris. Je pense même qu’au début ils ont parié que je ne tiendrais pas 3 mois. Mais avec le temps et après 4 ans de vie consacrée, ils sont devenus très supporteurs de ma démarche.

Comment s’est passé votre séjour au noviciat au Wisconsin?

Frère Gabriel (complètement à droite) et son groupe

C’est vraiment difficile à expliquer. C’est une année unique dans la vie d’un frère. Une année avec tous les novices de la Conférence anglophone. Au début, nous étions 13 et nous n’étions que 9 à prononcer nos vœux. C’est une année hyper structurée et très axée sur l’apprentissage de la vie en communauté. Il y a la formation franciscaine, la règle, les offices, l’ermitage, etc. Parfois ça semble si long, puis parfois on a l’impression que le temps passe beaucoup trop vite. Pour ma part, j’ai vécu une année fantastique, beaucoup de temps en communauté et du temps pour prier seul, contempler, être seul en silence dans ma chambre et bâtir cette fondation solide qu’est la prière personnelle. J’ai adoré chacun de mes collègues, ils me manquent déjà. Réellement, c’est un moment unique qui se vit de l’intérieur.

Étiez-vous nerveux le jour de vos vœux?

Oui parce que mon Provincial avait manqué son vol la veille et il n’était pas encore arrivé 10 minutes avant le début de la cérémonie. Finalement, il est arrivé juste à temps. Mise à part cette amusante péripétie, j’étais calme. Je pensais plutôt au fait qu’après cette cérémonie, certains de mes frères commenceraient à quitter les lieux pour retourner chez eux. La profession des vœux est en quelque sorte la fin du noviciat. C’est un moment grandiose  avec plusieurs frères qui viennent assister fièrement à notre profession des vœux. Beaucoup d’encouragement et d’amour envers les novices. Je dirais que la nervosité vient plutôt de l’ensemble des événements. À la fois tout ce qui entoure la profession des vœux, les gens présents et l’importance de ce moment. Tout cela jumelé au fait que ce soit une décision très personnelle de dire oui pour joindre l’Ordre des Frères Mineurs.

Le frère Joachim Studwell (à gauche), ofm et accompagnateur du frère Gabriel (à droite) ainsi que le Ministre provincial, le frère Pierre Charland, au centre.

Quels sentiments vous habitaient le plus ce jour-là?

Je me souviens très bien d’avoir été calme, de m’être senti en paix avec moi-même. Je me sentais à ma place. Je me rappelle m’être dit que j’avais ma place avec ces frères pour vivre avec eux cette profession. Je me sentais aussi très fier d’être le premier profès temporaire dont mon Provincial Pierre Charland recevait les vœux. Je me disais qu’il allait se souvenir de cela pour toujours et que je devais être à la hauteur. L’autre sentiment qui m’habitait était la tristesse. Beaucoup d’entre nous avons pleuré pendant la cérémonie, fiers de notre année, mais tristes de tout quitter. Le discours de notre maître le frère Jeff McNabb nous a tous rendus nostalgiques et en larmes. Retenons surtout la joie et la fierté de me joindre à l’Ordre des Frères Mineurs.

Quelle sont les prochaines étapes?

Et bien, je reviens dans ma province franciscaine, je serai à la maison de formation qu’est la fraternité de Trois-Rivières pendant environ 2 ans, jusqu’à la fin de mon bac en Théologie. Je poursuivrai aussi mon ministère auprès des gens de l’Arche de Jean Vanier avec lesquels je chemine dans la foi. Ensuite, après environ 3-4 ans de vœux temporaires, je serai appelé par la communauté à prononcer mes vœux perpétuels. Il y a aussi à travers cela mon désir d’ordination presbytéral.

Comment envisagez-vous l’avenir?

Je vois mon avenir positivement. L’Ordre et ma province sont toujours à l’écoute de nos suggestions, de nos interrogations, il y a toujours un frère pour nous écouter et nous aider. Il y a beaucoup de défis à relever, de gens à rencontrer pour leur partager la bonne nouvelle du Christ. Il y a beaucoup d’endroits où faire du bénévolat, être près des gens sur le terrain comme François d’Assise l’aurait voulu. Allez aux périphéries! Je sens bien présent en moi la présence du Christ qui marche avec moi dans tous les ministères et les rencontres que je fais. L’avenir est rempli de beaux défis et de petites choses banales qui en présence de Jésus deviennent de magnifiques réussites.