Ordre des Frères Mineurs franciscains du Canada

Visite de la Pointe-à-Callière

À la faveur d’un billet gratuit en ce 375e anniversaire de la fondation de Montréal, j’ai eu le plaisir de visiter pour la première fois le Musée Pointe-à-Callière le 1er juin dernier. Ce fut pour moi une excellente occasion de m’enfoncer non seulement dans les profondeurs de la Pointe-à-Callière, mais aussi de voir de mes propres yeux les infrastructures de la Place du Marché, de l’édifice de l’Ancienne-Douane et de la Maison-des-Marins.

Ce que j’ai particulièrement apprécié durant cette visite, c’est ma marche sur une distance de 110 mètres dans le nouveau passage souterrain, ouvert cette année au public. Ce qui est en fait le Premier Égout Collecteur de Montréal, construit entre 1832 et 1838. Ce passage souterrain débouche sur un nouveau Pavillon, le Fort de Ville-Marie, avec une Exposition intitulée : Ici a été fondée Montréal.

Alors que je me promenais sur le plancher de verre au-dessus des vestiges du Fort de Ville-Marie, j’ai graduellement pris conscience que je n’étais pas le premier à avoir traversé ce lieu historique de Montréal. Je pensais à tous ces hommes et à toutes ces femmes qui y étaient passés avant moi, au cours des âges : depuis la fondation de Ville-Marie et même avant l’arrivée des fondateurs. Car il faut bien l’admettre, les Autochtones connaissaient cet endroit bien avant nous.

La visite de ce Pavillon a eu pour effet de rafraichir ma mémoire concernant les nombreux événements historiques qui se sont déroulés au Fort de Ville-Marie. Jacques Cartier n’avait-il pas passé par cet endroit lors de sa visite du Mont-Royal et de la ville fortifiée d’Hochelaga en 1535 ? Samuel de Champlain n’avait-il pas construit un fort temporaire à la pointe à Callière en 1611 ?

C’est ici, le 17 mai 1642, que Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, Jeanne Mance et une quarantaine de Français et de Françaises fondent Montréal. Dès leur arrivée, les Français construisent le fort Ville-Marie. En décembre 1642, on se rend compte que la pointe à Callière est sujette aux inondations comme en fait foi l’épisode célèbre où M. de Maisonneuve ira planter une croix sur le Mont Royal.

C’est ici encore qu’en 1688, le gouverneur de Montréal, Louis-Hector de Callière, obtint une partie du terrain et y érigea sa résidence, d’où le nom de Pointe-à-Callière.  C’est à ce même endroit aussi qu’il ratifia le fameux traité de 1701 – la Grande Paix de Montréal – par lequel il obtenait une promesse formelle de neutralité de la part des nations autochtones. 

M. Louis-Hector de Callière est un personnage bien connu dans la famille franciscaine du Canada par le fait qu’il a été le syndic apostolique des Récollets de Montréal. Il est décédé à Québec en 1703. Avant de mourir, il cèda ses biens à son frère François et aux Récollets de Québec afin que ceux-ci puissent achever la construction de leur couvent. Il fut inhumé dans l’église des Récollets de Québec, le 28 mai 1703. 

 

Georges Morin, o.f.m.