Ordre des Frères Mineurs franciscains du Canada

Merci, frère François

Merci, frère François, pour ce que tu me donnes de comprendre
par ta vie, tes écrits, ton expérience spirituelle.
Tu m’apprends à suivre les traces du Fils de Dieu.

Tu m’apprends, François, à vivre devant Dieu,
avec mon labeur, ma faiblesse et mon péché.
Tu m’apprends à passer ma vie en ta présence,
en faisant toute chose en mémoire du Christ.
Tu m’apprends à me découvrir pécheur pardonné,
appelé et consacré à la louange du Seigneur.

Tu m’apprends, François, à m’aimanter sur l’essentiel,
à aller droit au but de ma vie, à son sens secret, unique.
Tu m’apprends à me détacher des biens d’ici-bas
et à m’attacher au Christ bien-aimé.
Tu m’apprends à mourir à moi-même et à mon passé,
et à m’émerveiller de l’aujourd’hui de Dieu.

Tu m’apprends, François, l’humilité radicale
de celui qui reçoit tout de son créateur,
et qui remet toute sa vie entre les mains du Père.
Tu m’apprends à ne placer mon espérance
qu’en Celui qui me sauve, le doux Sauveur miséricordieux,
qu’en l’Esprit qui me fait crier : « Mon Dieu et mon tout. »

Tu m’apprends, François, à travers mes frères,
à aimer le Fils de Dieu et sa sainte Mère,
à suivre l’exemple de tes fidèles disciples,
qui vécurent dans la pénitence, la joie et la simplicité.
Tu m’apprends à aimer sans espérer de repos,
et sans autre certitude que celle d’être en service.

Tu m’apprends, François, à aimer ce qui est petit,
le lépreux de nos sociétés, le sans avenir,
le négligeable, le rejeté, mon frère et ma sœur en Jésus.
Apprends-moi encore une solidarité vraie,
un engagement solide et une parfaite miséricorde
envers les blessés de la vie et les gens d’humble condition.

Tu m’apprends, François, la beauté de vivre en Église,
dans la communauté des frères, dans la tendresse,
dans l’ouverture du cœur, le pardon, la vigilance,
et la recherche constante de la volonté du Seigneur.
Enlève de mon cœur toute crainte pouvant y habiter,
puisque l’amour parfait bannit toute peur et toute amertume.

Tu m’apprends, François, à conserver et à développer
une confiance totale en la bonté de l’homme,
puisqu’il est créé à l’image de Dieu.
Tu m’apprends à porter le poids du jour dans l’espérance,
à marcher avec joie et à ne trouver mon repos
qu’en Celui qui est doux et humble de cœur, le Christ.

Tu m’apprends, François, à chanter la création,
et à proclamer que ciel et terre sont remplis
de la Gloire de Dieu – à partir des grands espaces,
jusqu’aux profondeurs du cœur humain -.
Tu m’apprends à lire les signes de sa présence partout:
dans le monde, dans l’Église, dans les personnes,
dans les événements mystérieux de l’histoire humaine.

Tu m’apprends enfin, François, un Dieu proche,
un Dieu miséricordieux, très bon, et qui est joie et liesse,
douceur et repos, un Dieu Père, Sauveur et Consolateur.
Tu m’apprends à faire mémoire de Lui dans ma chair,
à persévérer et à mourir dans cette foi au Seigneur,
Lui qui nous « aima jusqu’à mourir pour nous ».

Donne-moi aussi, François, de rendre amour pour amour,
d’aimer l’auteur de tout bien, le Suprême Bien,
qui me donne tout mon corps, toute mon âme,
toute ma sensibilité, toute mon affectivité.
Donne-moi de lui rendre ce que je suis
et ce que je fais, sans rien garder de moi-même.

Donne-moi, François, la claire vision de ma vocation quotidienne,
de ce que je dois dire et faire à chaque instant de ma vie.
Que je me sente suffisamment comblé, demeurant modeste,
pour poursuivre ma route dans la joie.
Que je ne sois pas non plus trop comblé par la vie présente,
de peur de devenir gâté et exigeant, et d’oublier le Seigneur.

Donne-moi, François, une part de ta grâce personnelle:
celle d’aimer et de savourer l’Évangile,
et surtout de le mettre promptement à exécution.
Donne-moi de le vivre dans la patience et dans la joie de Pâques,
dans la douceur et la simplicité de la colombe,
au cœur du scandale et de la violence du monde.

Donne-moi, François, d’annoncer par ma bouche et ma vie,
par mon visage, mon cœur, mes mains et mes pieds,
les merveilles de « Celui qui nous fait passer
des ténèbres épaisses à son admirable lumière ».
Donne-moi aussi le respect que tu avais toi-même
des Saints Mystères du Corps et du Sang du Christ.

Donne-moi, François, l’intelligence de l’épais mystère
de la souffrance innocente, dans l’éclairage de Pâques.
Que je nourrisse mes frères du pain de l’espérance,
que je guérisse les malades et libère les enchaînés.
Donne-moi d’être serviteur modeste, dévoué, zélé,
pacifique, confiant, infatigable et persévérant.

Donne-moi, François, de bien compter mes jours,
de ne pas m’installer à demeure en ce monde.
Que je m’approche de ma mort avec conscience et confiance.
Puisse cette ultime grâce m’être aussi accordée!
Donne-moi de célébrer ma mort, au milieu des miens,
en écoutant le récit de la Passion du Seigneur
et le chant des psaumes.

Merci pour tout ce que, dans le Christ Jésus,
tu m’as donné et me donnes de comprendre et d’accomplir,
depuis le jour de ma naissance, de mon baptême,
de mon engagement par la profession et le ministère apostolique.
Oui, merci, François, de me ramener sans cesse à Jésus ressuscité,
qui est toujours vivant dans la gloire et dans mon cœur.
Amen. Alléluia!

Roland Bonenfant, ofm (Montréal, 1980)