Holy Spirit Province Saint-Esprit
Franciscans of CanadaFranciscains du Canada

Ordo Fratrum Minorum

Nos soeurs les fleurs

Nos soeurs les fleurs

 

Dès son jeune âge, Vincent van Gogh s’intéresse à la nature et aux fleurs. « C’est bon d’aimer les fleurs… », écrit-il à son frère Théo après une visite au marché aux fleurs d’Amsterdam en 1877. À Paris, Van Gogh apprend de nouvelles techniques pour peindre les fleurs. Théo écrit à sa mère à l’été 1886 que « pas un jour ne passe sans qu’il [Vincent] soit invité à visiter les ateliers de peintres réputés, ou que des gens viennent le voir. Il a aussi des connaissances dont il reçoit des fleurs magnifiques chaque semaine, lesquelles peuvent lui servir de modèle. »

 

La toile L’Amandier en fleurs fait partie d’un groupe de tableaux datant de 1888 et 1890 peint à Arles et Saint-Rémy dans le sud de la France. La fleur d’amandier, avec ses pétales blancs ou rose pâle, éclot dès février. Van Gogh choisit cette fleur, de la famille des rosacées, pour fêter un joyeux événement – la naissance de son neveu, fils de Théo – pour symboliser une nouvelle vie.

 

À propos de cette peinture Van Gogh écrit : « Le travail allait bien, la dernière toile des branches en fleurs – tu verras c’était peut-être ce que j’avais fait le plus patiemment et le mieux, peint avec calme et une sûreté de touche plus grande. » L’Amandier en fleurs est donc une œuvre emblématique de l’artiste.

 

Dans la biographie de François d’Assise, écrite par Celano, nous y voyons des indications très précises sur l’amour profond de François pour la création et sa joie pour la beauté de la création de Dieu : « De même qu’autrefois « les trois jeunes gens » qui, du milieu de la fournaise invitaient tous les éléments à louer et à glorifier le Créateur de l’univers, ainsi cet homme [François], plein de l’esprit de Dieu, ne cessait-il pareillement de glorifier, louer et bénir le Créateur et gouverneur de tout en tous les éléments et en toutes les créatures. Quelle gaieté penses-tu que la belle apparence des fleurs introduisait dans son esprit, tandis qu’il apercevait leur forme gracieuse et sentait à l’avance leur odeur suave ? … Lorsqu’il trouvait une abondance de fleurs, il leur prêchait et les incitait à la louange du Seigneur comme si elles étaient douées de raison ».

 

Il n’est donc pas surprenant de trouver dans la strophe de sœur mère Terre du Cantique de frère Soleil, une mention expresse des fleurs colorées…

 

Le pape François écrit dans son Encyclique Laudato Si » : « Saint François [d’Assise], fidèle à l’Écriture, nous propose de reconnaître la nature comme un splendide livre dans lequel Dieu nous parle et nous révèle quelque chose de sa beauté et de sa bonté : « La grandeur et la beauté des créatures font contempler, par analogie, leur Auteur » (Sg 1, 20). C’est pourquoi il demandait qu’au couvent on laisse toujours une partie du jardin sans la cultiver, pour qu’y croissent les herbes sauvages, de sorte que ceux qui les admirent puissent élever leur pensée vers Dieu, auteur de tant de beauté. Le monde est plus qu’un problème à résoudre, il est un mystère joyeux que nous contemplons dans la joie et dans la louange. »

 

Et le Pape François ajoute : « Comme êtres humains, nous sommes tous unis comme des frères et des sœurs dans un merveilleux pèlerinage, entrelacés par l’amour que Dieu porte à chacune de ses créatures et qui nous unit aussi, avec une tendre affection, à frère soleil, à sœur lune, à sœur rivière et à mère terre. »