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Images d’adoration dans les nativités de Giotto

Images d’adoration dans les fresques de Giotto sur la Nativité

Giotto, le peintre de François d’Assise, nous a laissé plusieurs fresques magistrales de la Nativité qui se trouvent dans la Basilique saint François à Assise et dans la chapelle Scrovegni à Padoue. À travers ces peintures, il apporte un touche franciscaine dans la manière d’exprimer l’adoration de Marie, des Anges, des Mages, des Bergers. Ceci paraît particulièrement lorsqu’il exprime l’adoration de frère François, celle du frère Bœuf, du frère Âne sans oublier celles de nos frères les moutons et les dromadaires !

Mère et enfant - Giotto

De toutes les Nativités réalisées par Giotto, celle qui me semble la plus réussie est celle de la chapelle Scrovegni à Padoue. Elle est la plus authentique, la ‘plus franciscaine’ dans le sens où elle est proche de la nature. ’’Nous y voyons encore quelques aspects du style byzantin, écrit un spécialiste, mais Giotto fait quelque chose d’entièrement nouveau. Il présente la scène avec des êtres qui sont véritablement humains. Comme elle est tendre cette mère qui place son bébé dans la mangeoire, alors que le bœuf et l’âne la regardent. La mère et l’enfant ont un contact visuel. Ils sont parents, ils sont de la même famille. Ils possèdent les liens de la chair et du sang. Giotto ne nous présente pas la Vierge et l’Enfant, mais Marie et son bébé Jésus. Les visages sont chaleureux et accessibles’’. Giotto a fait un travail de génie en présentant avec simplicité et naturel le lien d’affection ente la Mère et le Fils, représenté dans le contact physique mais avant tout dans l’intensité du regard.

Parmi les représentations de l’adoration des anges que l’on trouve dans les différentes Nativités de Giotto il y en a une que je préfère, c’est celle qui se trouve dans la Basilique inférieure de saint François à Assise. Au lieu d’y présenter une seule troupe d’anges virevoltant joyeusement au dessus de la grotte, ici Giotto nous fait voir un deuxième chœur angélique à l’intérieur même de la crèche. Les anges sont là pour y adorer de plus près l’Enfant Jésus entre le bœuf et l’âne. Ils semblent si remplis de joie et d’exultation qu’on pourrait facilement s’imaginer qu’ils sont en train de chanter le Cantique de Noël : Les anges dans nos campagnes ont entonné l’hymne des cieux, et l’écho de nos montagnes redit ce chant mélodieux : Gloria in excelsis Deo. Mais ce n’est pas le cas. La majorité des vingt-huit anges qui sont là sont plutôt en train de prier si l’on considère les diverses positions de leurs mains tantôt jointes devant leurs poitrines, tantôt jointes avec leurs doigts pointés vers l’avant ou avec leurs bras croisés sur la poitrine ou encore les mains jointes, levées vers le ciel.

Pour ce qui est de l’adoration des Mages, Giotto a peint à la chapelle Scrovegni l’une de ses plus belles et de ses plus joyeuses fresques où il présente les trois mages en adoration devant le Christ. Ces hommes étaient des astrologues qui virent dans le ciel des signes annonciateurs de la naissance du Christ. Tandis qu’une étoile embrasée, une splendide comète à la queue flamboyante, luit au-dessus d’eux, les mages contemplent l’Enfant Jésus avec une admiration respectueuse. Le plus ancien des trois s’agenouille et embrasse tendrement les pieds de l’Enfant sous le regard d’un ange qui tient dans ses mains l’un des cadeaux en or apportés par les mages. Le fait que ce présent ressemble à un ostensoir met en évidence le parallèle entre l’offrande des mages et la présentation de l’Enfant Jésus aux mages. L’origine exotique de ces derniers est signalée par la présence des deux dromadaires aux yeux bleus dont s’occupent attentivement les serviteurs des mages. Giotto a utilisé pour cette fresque beaucoup de couleurs claires et lumineuses, rehaussées ici et là de touches de rouge qui contribuent à créer l’esprit rayonnant de cette scène.

La louange, l’action de grâce et l’adoration sont les éléments caractéristiques des prières de François d’Assise et ces trois éléments se retrouvent d’une façon toute particulière dans son psaume de Noël :

« Voici le jour que fit le Seigneur, jour d’exultation et de joie. Car le très saint enfant bien-aimé nous est donné, pour nous il naquit en chemin et il fut placé dans une crèche, car il n’avait pas de place à l’auberge. Gloire au Seigneur Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux gens de bonne volonté. Que les cieux se réjouissent et que la terre exulte, que s’agitent la mer et sa plénitude, que fleurissent les plaines et chantent les forêts ! Chantez-lui un cantique nouveau, chantez au Seigneur, terre entière !

Georges Morin, o.f.m.

Anges - Giotto