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Ordo Fratrum Minorum

Reconnaître la lumière dans l’obscurité

Reconnaître la lumière dans l’obscurité

 

Après une période d’adaptation plutôt intense, répondant quotidiennement à des directives en constante évolution, l’Église est entrée en mode « coronavirus ». Plus de messes publiques – ni aujourd’hui, ni la semaine prochaine, ni la semaine d’après. Toutefois, nous n’avons pas cessé de prier!

La COVID-19 touche chacun, chacune d’entre nous de façon différente. Je dirais cependant que tout le monde prend désormais cette crise au sérieux.

Nous avions, comme toujours, l’intention de vivre une joyeuse fête de Pâques. Après ce qui a sans doute été le Carême le plus sombre depuis la Seconde Guerre mondiale, nous sommes dans la lumière de Pâques, et pourtant toujours dans les ténèbres. Les célébrations de cette année sont mitigées. Nous demeurons isolés et effrayés.

La pandémie a gâché la fête pour tout le monde. Cette année, les chrétiens et les chrétiennes sont privés de la joie de se rassembler, de renouveler leurs promesses baptismales et de se réunir ensuite dans les foyers autour d’une bonne bouteille de vin. Cette fête de Pâques n’a rien de normal. Ce n’est pas comme cela qu’on doit célébrer la plus grande des fêtes. Mais nous vivons des temps hors de l’ordinaire, et c’est correct. Nous nous relèverons!

En tant que gardiens d’une foi pascale, chrétiens et chrétiennes, nous croyons que nous ressusciterons avec le Christ le jour venu. Cela signifie que nous sommes toujours tournés vers l’avenir, vers quelque chose de plus, de meilleur. Nous croyons cependant que quelque chose est déjà là. La Bonne Nouvelle, en effet, est déjà là. Savons-nous la reconnaître?

Le coronavirus n’a pas détruit et ne détruira pas la foi. Il se pourrait bien, en effet, que la foi soit en train de renaître. Jamais de mon vivant et, encore une fois, peut-être depuis la Seconde Guerre mondiale, jamais autant de personnes n’ont collaboré pour prendre soin de la santé et du bien-être de chacun. Jamais auparavant le monde n’avait éprouvé, comme nous le faisons maintenant, un sentiment de sollicitude pour « notre maison commune ». Jamais auparavant autant de gens n’ont fait confiance aux avis des experts médicaux et des scientifiques, agissant ensuite avec prudence. Ce sont là des signes de foi, et donc de bonté. Dieu est à l’œuvre!

 

Les caméras sont maintenant les seules autorisées à assister à la messe « en personne ».

Le curé de la paroisse, Pierre Ducharme, pendant la messe diffusée sur une chaîne Youtube.

Des enfants de la paroisse ont écrit des messages à la craie.

 

Dès le début de la crise, ma communauté s’est tournée vers l’avenir. En observant ce qui se passait ailleurs dans le monde, nous nous sommes préparés. Notre base de données paroissiale de courriels compte désormais plus de 2 000 contacts. J’écris aux paroissiens plusieurs fois par semaine pour les tenir au courant et entretenir les liens. Nous utilisons les médias sociaux pour permettre aux gens à la maison d’être en contact avec l’eucharistie, et nous cherchons des moyens d’élargir ces liens. La mission et l’évangélisation se poursuivent!

Mais cette fête de Pâques est incontestablement différente. Il s’agit d’une célébration comme nulle autre. D’où que nous soyons, grâce à tous les moyens que nous avons mis en œuvre pendant la crise, nous continuons à collaborer pour le bien. Malgré tout, nous devons célébrer le bien qui a été accompli.

Je crois véritablement que, bien que de plus en plus privés de nos certitudes, l’Église et nous tous sommes en train de trouver, en abondance, l’inspiration dont nous avons besoin. Alléluia, le peuple de Dieu se lève!

 

Pierre Ducharme, OFM
Pasteur de la paroisse St. Joseph the Worker, Richmond, C-B,
Secrétaire pour la mission et l’évangélisation/Animateur de l’évangélisation pour la province Saint-Esprit