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Ordo Fratrum Minorum

Jubiler pour les 130 ans de l’OFS au Canada

Jubiler pour les 130 ans de l’OFS au Canada

En lien avec le charisme de saint François au Canada, beaucoup de belles réalités coïncident avec l’arrivée définitive du Père Frédéric Janssoone au Canada, en 1888, soit il y a 130 ans. C’est le cas du Commissariat de Terre, ce lien entre notre pays et les communautés chrétiennes du Proche Orient, qui sera fêté à Trois-Rivières le 6 août prochain. C’est le cas aussi de l’OFS (l’Ordre franciscain séculier), maintenant décimé, mais qui a connu tout un essor étonnant, durant le 20e siècle. Il renouait avec l’OFS nombreux du temps des Récollets.

 

L’histoire de cet OFS, c’est d’abord celle des fondations des fraternités, leur croissance et les visites canoniques, dans la plupart des paroisses du Québec. Les grands diocèses comme Québec, Trois-Rivières et Montréal en comptaient par dizaines de milliers. Mais nous devons évoquer les premiers grands rassemblements collectifs, toujours à l’invitation des franciscains, qui rassemblaient de grandes foules autour de l’Évêque du lieu et des élites ; chaque fois c’était entre 8 et 10 mille tertiaires.

1895 – Le premier à avoir lieu fut au Cap-de-la-Madeleine le 10 octobre 1895, avec des allocutions de circonstances, des consécrations à la Vierge avec le Père Frédéric, des discours sur l’action sociale de l’OFS. Il ne faut pas penser qu’il n’y avait à ces rassemblements que le futur Bienheureux ; il y avait avec lui toute une cohorte d’une quarantaine de jeunes Franciscains intrépides qui occupaient tout leur temps avec de jeunes familles qu’ils formaient à la vie évangélique.

1897 – Le deuxième célébrait les 25 ans d’entrée, dans l’OFS, de sa sainteté Léon XIII. Des prières et des bouquets spirituels des Tertiaires canadiens, accompagnaient une adresse composée par le Père Colomban Dreyer, et qui fut lue au Pape par le Ministre général des Franciscains de ce temps-là, le remerciant des faveurs spirituelles sans nombre accordées aux Tertiaires. Le Père Frédéric leur présentait sans fléchir tous les avantages spirituels qu’il y a à être de la famille du Poverello.

Avec le mot toujours, les tertiaires redisaient leur fidélité à saint François, à l’Église et à son Pasteur suprême. «Toujours, ils règleront leur foi sur leurs décisions et les enseignements du successeur de Pierre. Toujours, ils se feront un devoir bien doux de conformer leurs mœurs privées et leur vie publique à la direction du Saint-Siège. Dévoués jusqu’à la mort à la patrie canadienne, qui, fille de la patrie française, participe à son titre de fille aînée de l’Église, ils sont convaincus que le salut du Canada est entre les mains du Pape et que la fidélité des Canadiens à suivre la direction du Souverain Pontife est l’unique moyen de sauver leur langue, leur nationalité et leur religion, en un mot, leur patrie». (Éphrem Longpré, Le Tiers-Ordre séculier de saint François d’Assise au Canada, Montréal, 1921, p.121-127). C’était le credo de 90 fraternités, au nom de 25,000 tertiaires, souscrivant à cette déclaration de principes, dans un temps où il y avait au pays des troubles scolaires. Suivirent alors, dit-on, 10 ans de paix, après cette manifestation.

1908 – Ce fut la deuxième grande manifestation de foi au Cap-de-la-Madeleine, avec 10,000 tertiaires, venus de toutes les villes et villages le long du fleuve Saint-Laurent, tout comme au couronnement de la statue de Notre-Dame en 1904. Messe en plein air, prédication du chemin de la Croix, et bénédiction du Saint-Sacrement, autour de Mgr Cloutier, évêque de Trois-Rivières, entouré de plusieurs évêques, notamment de Québec et Montréal. Ce fut le premier vrai Congrès national de l’OFS, se terminant par un télégramme d’hommages au Pape Pie X.

1915 – Ce furent alors les fêtes du 3e Centenaire de l’arrivée des Récollets, jumelées à celles des 50 ans des fraternités séculières de Montréal et du 25e anniversaire du retour des Franciscains au Canada. Tout cela fut annoncé officiellement par une lettre circulaire de Mgr Bruchési, évêque de Montréal, datée du 20 septembre. Aux fêtes du 5 octobre, il était entouré de plusieurs évêques du Québec et des délégués de la plupart des grandes communautés religieuses du Québec, notamment les Jésuites et les Sulpiciens. Commencées à l’église conventuelle du boulevard Dorchester, par toute une journée d’activités, de conférences et de présentations, ces fêtes se clôturèrent à l’église Notre-Dame de Montréal, avec 8,000 personnes. Oui, il y a encore à jubiler, en évoquant ces quatre grands rassemblements du vivant même du Bienheureux Père Frédéric.

Roland Bonenfant, ofm

Vice-postulateur