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Le bonheur de servir

Le bonheur de servir

 

Video: My vocation as a brother

 

Benjamin Ripley est franciscain. C’est un frère franciscain. Par choix, il a préféré ne pas devenir prêtre. C’est son appel, sa mission. Le frère Ben est un heureux frère franciscain, suivant les traces de François d’Assise.


Originaire d’Ontario, il a habité à Saskatoon de 2007 à 2009. Il vit actuellement à Richmond, en Colombie-Britannique. Ancien militaire dans la Marine des Forces armées canadiennes pendant 10 ans (marin et sous-marinier), il a navigué sur différentes mers dans les Caraïbes, au Mexique, aux États-Unis, dans les eaux canadiennes ainsi qu’au Moyen-Orient. Il a été opérateur d’équipement d’information de combat (radar, systèmes de détection) dans la région du Golf arabo-persique avant de retrouver la terre ferme et de revenir à la vie civile après quelques années en service. 


Gardant de très bons souvenirs de son passage dans l’armée, il y voit de grandes similitudes avec son quotidien dans une communauté religieuse. « Tant dans la Marine qu’avec les franciscains, j’ai appris à vivre dans un contexte de proximité et j’ai appris à composer avec des personnalités différentes provenant d’horizons divers, tout en visant le même objectif. »


Découvertes


Né dans une famille protestante pratiquante, il a choisi de rejoindre l’Église catholique en 2006. En 2008, il cherche à entrer dans les rangs d’une communauté religieuse mais il ne sait pas encore quelle communauté convient à ses valeurs. « La Marine m’a donné la chance de découvrir d’autres parties du monde avec des caractéristiques et un mode de vie bien différents. Cette aventure m’a ouvert les yeux sur les injustices qui surviennent lorsque se produisent violence et exploitation de l’être humain. » 

 

Le frère Benjamin entouré des membres de sa famille lors de sa profession solennelle.


En faisant des recherches sur Internet, il découvre que les franciscains sont présents dans l’ouest canadien, là où il se trouvait à ce moment. « J’ai été impressionné par le charisme franciscain et leur façon de servir les plus démunis et les marginalisés. J’ai participé à un weekend sur les vocations à la fraternité d’Edmonton en janvier 2009. Après avoir rencontré les franciscains sur place, j’ai décidé d’aller de l’avant et de soumettre ma candidature. Je suis entré comme postulant en août 2009. »


Un choix de vie 

 

Lors de sa formation franciscaine, il a obtenu un baccalauréat en histoire de la Concordia University of Alberta en 2014 et une maîtrise en théologie (M. Div.) du Newman Theological College d’Edmonton en 2017. Depuis le début de son cheminement de foi, il sait qu’il ne désire pas devenir prêtre. Ce n’est tout simplement pas ce à quoi il aspire. L’Ordre des frères mineurs, les franciscains, lui permet cela. L’Ordre lui permet de cheminer, d’approfondir sa foi, ses connaissances, de s’impliquer dans un ministère, tout en n’étant pas ordonné prêtre. « Ce n’est pas mon appel, tout simplement. »


Le frère Ben explique que les frères sont des religieux à part entière, impliqués dans leur communauté, tout autant que les prêtres, mais d’une manière différente de leurs confrères ordonnés. « Cette vocation me convient bien et cadre mieux avec ma manière de servir.» Il s’agit simplement d’un choix. La grande différence réside dans le fait que les frères ne célèbrent pas la messe ni de sacrements tel que le mariage. Pour le reste, ils peuvent s’engager pleinement en paroisse auprès des différentes clientèles qu’ils desservent. 


« En général, les paroissiens sont très heureux de ma présence auprès d’eux, mais lorsque je m’identifie comme étant un frère, ils sont nombreux à être surpris parce qu’ils pensent que tous les franciscains sont prêtres. » Lorsqu’ils apprennent que ce n’est pas le cas, ils sont généralement étonnés parce qu’ils ne connaissaient pas du tout l’existence de cette vocation. « Certains croient que je suis un prêtre en devenir, en formation. Ça me donne l’occasion de les renseigner sur les différentes vocations.» Une fois l’étonnement passé, les membres de la communauté ne se soucient pas que leur agent de pastorale soit ordonné ou pas. Heureusement, ils n’y attachent plus aucune importance. Ce qui compte pour eux, c’est la qualité de sa présence et son implication envers les groupes de paroissiens dont il a la charge.


Retrousser ses manches


Actuellement, ce jeune frère de 44 ans exerce son ministère dans la paroisse St. Joseph the Worker comme agent de pastorale et comme directeur du ministère auprès des aînés. Chaque semaine, il s’implique dans l’organisation des rencontres d’approfondissement de la foi pour les aînés. De plus, il coordonne la communion dans une maison de soins ainsi que les visites amicales de personnes âgées à domicile. Il sert également les paroissiens en tant qu’assistant spirituel de deux fraternités de franciscains séculiers: St. Anthony of Padua à Richmond et St. Francis of Assisi à Surrey.


En plus de toutes ces tâches qu’il aime beaucoup, il est gardien de la fraternité de Richmond. Cette fonction lui permet de développer ses habiletés de leader et de coordonnateur. Ses tâches quotidiennes sont très diverses et concernent autant les finances et la gestion du secrétariat de la paroisse que la préparation des repas.


Donner et recevoir


Son travail, c’est un don de soi. Il donne beaucoup de lui-même, sans compter. Selon lui, les personnes qu’ils côtoient lui apportent bien davantage. Au contact des autres, il apprend le courage et la patience. Ce travail qu’il aime tant et qui le rend fier l’amène à côtoyer des aînés qui ont une grande expérience de la vie. Il apprend de belles leçons de vie à partir de leur vécu et de leur cheminement de foi. « Leur sagesse ainsi que leur vision de la vie et de la foi sont vraiment très inspirantes pour moi ». Il ajoute, « J’aime comment mon ministère relie la vie paroissiale à la communauté ». 


Futur proche


Partout où on aura besoin de lui, il répondra présent. Prêt à servir, encore une fois. Bientôt, c’est à la fraternité de Trois-Rivières, au Québec, qu’il sera appelé à servir. Il a récemment été nommé maître des profès temporaires (pour leur première année suivant le noviciat). Cela signifie un déménagement presqu’à l’autre bout du pays. Cette nouvelle responsabilité débutera en août 2019. Il passera de la banlieue d’une métropole cosmopolite comme Vancouver, sur le bord du Pacifique, à une ville de taille moyenne beaucoup plus au nord, au cœur d’une province francophone. Pourtant, ça ne semble pas être un grand bouleversement pour lui. Il s’agit simplement d’une nouvelle réalité où il pourra être utile et servir son prochain.

 

Frère Benjamin en compagnie de deux amis, James le moine camaldule bénédictin (en blanc) et le frère Michael, ofm.


Il envisage l’avenir avec optimisme et il souhaite éventuellement travailler en milieu hospitalier. « J’aimerais travailler dans les soins spirituels en milieu hospitalier, c’est un domaine où il y a tant à faire. » De septembre 2017 à juillet 2018, il a complété la moitié de la formation du Clinical Pastoral Education (CPE) à Edmonton pour devenir aumônier en milieu hospitalier. Il souhaite vivement terminer cette formation dans un avenir rapproché, « Lors de ma formation, j’ai eu la chance d’effectuer un stage pratique au St. Joseph’s Auxiliary Hospital et au Edmonton General Hospital. Je souhaite obtenir les derniers crédits pour compléter le programme et recevoir mon accréditation d’aumônier en soins spirituels. »


« J’espère pouvoir transmettre l’amour et la miséricorde de Dieu aux gens qui en ont le plus besoin, comme les malades et les mourants. C’est l’essence même du charisme franciscain. »

 

Le frère Benjamin Ripley, ofm.

 

Julie-Isabelle Baribeau