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Le couronnement de la Vierge – Giotto

Giotto -Le thème du Couronnement de la Vierge a pour objet l’Assomption corporelle de Marie dans la gloire céleste. Dans la tradition, cette vérité de foi est attesté seulement à partir du VIe siècle, d’abord dans des récits légendaires ; ceux-ci, bien que dépourvus de valeur historique, expriment cependant une certutude de foi. Comme le montre la fête liturgique, célébrée depuis le Ve siècle, de la ‘Dormition’ et plus tard de l’ ’Assomption de Marie’ (15 août), l’Église Catholique est depuis lors, tout au long des siècles, demeurée unanime dans cette conviction.

Ce tableau du Couronnement de la Vierge représente certainement le sommet de la dernière période de Giotto, et cette peinture est la seule à rester encore dans son emplacement original. Le nom provient de la famille Baroncelli, qui a commandé le retable en 1327, pour leur chapelle dans l’église franciscaine Santa Croce à Florence dédiée à la Vierge de l’Annonciation.

Sous le panneau central du Couronnement, il y a cette inscription : ‘Op(us) Magistri jocti d(e) Flor(enti)a’ (‘L’oeuvre du Maître Giotto de Florence’). Bien que la faiblesse du style et de la technique suggèrent que Giotto n’a pas réellement peint ce retable, l’inscription indique l’implication active de son atelier. Il peut avoir fourni la conception de ce panneau, peut-être pas celle de la chapelle entière.

Le retable de Baroncelli présente un champ totalement unifié à travers ses cinq panneaux. Plus important encore, le retable présente un événement impliquant la Vierge – son couronnement – plutôt que de la présenter tout simplement comme un objet d’adoration. Ceci peut expliquer pourquoi les deux personnages centraux, Jésus et Marie, sont représentées sur une échelle un peu plus grande, tandis que les multiples figures sur les panneaux latéraux s’étendent sur un espace aplati empêchant d’imaginer pleinement la dimension des corps en dessous des têtes.      Ce paneau central donne tout l’éclairage à l’ensemble de la scène. Marie et le Christ sont assis sur un large trône. Marie incline pieusement sa tête afin de recevoir la couronne céleste de la main de son Fils. La Mère et le Fils forment un ensemble à travers leurs gestes, mais surtout leurs vêtements : les deux sont vêtus d’or et de blanc-rose lumineux. L’élégance des vêtements, en particulier les manches de la robe du Christ en forme de ‘trompette’, montre une grande affinité avec le style du gothique courtois, tendance qui peut également être observée dans les fresques de la chapelle Bardi de Santa Croce.

Une multitude d’anges et de saints se pressent en une radieuse assemblée, voulant tous assister au couronnement de la Mère de Dieu par son fils. Les premières rangées sont composées d’anges musiciens à genoux ; tous les autres assistants, saints de tous âges et de toutes époques, sont orientés vers l’événement central.

La Légende dorée décrit la scène de l’Assomption avec un accompagnement de ‘doux chant et mélodie’. La musique était donc associée à l’Assomption et au Couronnement de la Vierge dans les œuvres picturales les plus influentes, ce qui pourrait avoir eu une influence majeure sur la décision d’inclure les anges instrumentistes dans les représentations artistiques.

Georges Morin, o.f.m.