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Van Gogh: le peintre du soleil

Van Gogh: le peintre du soleil

Dans un article sur La Vie et l’Œuvre de Vincent Van Gogh, W. Uhde écrit : « Son histoire n’est pas celle d’un œil, d’une palette, d’une brosse, mais l’histoire d’un cœur solitaire qui battait dans l’enceinte d’une prison sombre, désirant et souffrant sans savoir pourquoi. Jusqu’à ce qu’un jour il découvre le soleil et dans le soleil il y trouve soudain le secret de la vie. Il s’est envolé vers lui et il a été consommé dans ses rayons. »

Nous savons que cette ‘découverte du soleil’ par Van Gogh eut lieu en Provence. En février 1888, il s’installe à Arles. Sous le soleil du Midi, son style de peinture se modifie. L’endroit lui inspire des œuvres aux couleurs éclatantes, claires et joyeuses. Il aime en particulier la couleur jaune clairement mentionnée dans une lettre à son frère Théo : C’est « un soleil, une lumière que faute de mieux je ne peux appeler que jaune, jaune soufre pâle, citron pâle, or. C’est beau le jaune ! »

C’est aussi en cette année 1888 que Van Gogh peint ses deux célèbres toiles du soleil présentées ici, l’une terminée au mois de juin et l’autre au mois de novembre et qui ont toutes deux pour titre Le Semeur au soleil couchant.

Au cours de sa carrière, Van Gogh a toujours eu un intérêt particulier pour les ‘semeurs’. Son affinité à ce thème a été en partie en réponse à l’œuvre du peintre français Jean-François Millet qu’il admirait. Il revient sur ce sujet en juin 1888, quand il peint un paysage avec un petit personnage d’un semeur dans un champ, dominé par un immense soleil. Dans des lettres écrites en juin 1888, il réfère directement au semeur de Millet, mais il se plaint du manque de couleur de cette peinture.

Le soleil, dans beaucoup des toiles de Vincent Van Gogh, brille d’une lumière qui n’est pas celle de la terre. Peindre le soleil avec du jaune fournit une couleur naturellement légère et lumineuse, pourtant Vincent varie sa méthode pour maximiser l’effet lumineux. Concernant Le Semeur au soleil couchant, juin 1888, il écrit à son ami l’artiste Émile Bernard expliquant comment il avait réalisé des différences subtiles dans le jaune du ciel et le soleil en sélectionnant avec précaution les teintes du chrome jaune utilisé et en les mélangeant avec des quantités différentes de blanc.

Pour ce qui est du Semeur au soleil couchant, novembre 1888, tableau de style impressionniste, Van Gogh écrit à son frère Théo : « Voici le croquis de ma dernière toile en train, encore un semeur. Immense disque citron comme soleil. Ciel vert jaune à nuages roses. Le terrain violet, le semeur et l’arbre bleu de prusse ».

Dans ce tableau le soleil frôle la ligne d’horizon et il est en train de se coucher. Sa couleur est d’un jaune uniforme, ce qui peut surprendre un spectateur qui aurait plutôt escompté un soleil rougeâtre ou orangé. Cet humble semeur est béni par un soleil qui se couche derrière sa tête comme un halo. « Il existe de nombreuses auréoles ‘déguisées’ dans l’œuvre de Vincent, écrit James Romaine, mais c’est probablement la plus évidente. Au lieu de recourir au symbolisme qui lui semblait être dépassé, Vincent a préféré peindre les hommes et les femmes avec quelque chose d’éternel dont l’auréole est le symbole ».

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour messire le frère Soleil… Et lui, il est beau et rayonnant avec grande splendeur : de toi Très-Haut, il porte signification.