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Ordo Fratrum Minorum

JMJ 2011: Le temps de rayonner

Au mois d’août dernier, j’ai participé à la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ) en accompagnant un groupe de 29 jeunes de la famille franciscaine du Québec. Nous sommes donc partis le 2 août en direction de l’Italie, afin de visiter la terre natale de François d’Assise, puis nous avons filé jusqu’en Espagne. Trois semaines à marcher, chanter et se dépasser. Ce fut merveilleux. Le plus grand constat? Fini le temps de la discrétion ou de la peur pour les jeunes catholiques du Québec. Voici venu le temps de rayonner.

Le contraste saute aux yeux. Les groupes de jeunes du Québec, très souvent, sont timides quand vient le temps d’exprimer leur foi publiquement. En particulier chez les adolescents. Notre séjour à Assise avait soudé l’esprit de corps et nous avait déjà donné une belle identité : un groupe profond, priant, joyeux… et complètement fou. Un groupe franciscain, quoi!

D’Assise, nous sommes partis vers notre diocèse d’accueil, en Espagne. Nous avons été reçus par les gens du village d’El Coronil, à 30 km de Séville. Quel accueil nous avons reçu! Village agricole de 5 000 âmes, on y était en pleine Fiesta à l’approche de l’Assomption (qui est fériée en Andalousie). Des manèges, des chants, de la musique… et une joie contagieuse. Les jeunes espagnols, d’abord très timides, nous ont appris des danses typiques et originales, juste pour la JMJ. Souper pris en fin de soirée (autour de 21 h 30 – 22 h 00) à la belle étoile, lever tranquille et « grosse » siesta de l’après-midi. Bref, toute une réception organisée par le jeune curé du village : Carlos Carrasco Schlatter (36 ans).

Un groupe de 70 jeunes du Québec, dont 29 jeunes de la famille franciscaine, a été très bellement accueilli par le petit village d’El Coronil (Andalousie, Espagne).

Puis ce fut le voyage vers Madrid. De toute l’Espagne, on voyait des groupes arriver dans la métropole. Le fait d’être soudainement plongés parmi des groupes très expressifs, très joyeux et, parfois, franchement exubérants a eu un effet d’électrochoc pour nous tous. Nous avons goûté chaque instant de folie et de joie dans les rues de Madrid jusqu’à devenir l’un des groupes les plus enthousiastes (même si nous n’étions pas le plus nombreux). Nous rivalisions volontiers avec les groupes de l’Italie ou de l’Afrique pour notre joie de vivre et notre sens de la fête. C’était beau à voir. Cela nous a fait un bien énorme.

Mais ce ne fut pas tout. Le pape lui-même, lors de la Vigile — où il a tant venté —, a fortement encouragé la jeunesse du monde entier à bien s’enraciner dans le Christ et à se laisser embraser par lui, chacun selon sa vocation : « Laissez-vous saisir par Dieu pour que votre présence dans l’Église lui donne un élan nouveau ! » (Benoît XVI, Vigile de la JMJ, le 20 août 2011) Et il a insisté encore une fois à la messe le lendemain : le temps est venu, par la jeunesse de langue française, de ne plus avoir peur. De ne pas hésiter à témoigner avec enthousiasme. Avec respect, bien sûr, et humblement, mais sans hésiter. À tous il disait aussi : « De cette amitié avec Jésus naîtra aussi l’élan qui porte à témoigner la foi dans les milieux les plus divers, y compris ceux dans lesquels il y a refus ou indifférence. On ne peut pas rencontrer le Christ et ne pas le faire connaître aux autres. Ne gardez donc pas le Christ pour vous-mêmes. Transmettez aux autres la joie de votre foi. Le monde a besoin du témoignage de votre foi, il a certainement besoin de Dieu. » (Benoît XVI, Messe de clôture de la JMJ, le 21 août 2011).

Le temps est venu de rayonner dans la francophonie. De retrouver notre dynamisme autrefois si manifeste. La France et le Québec ont déjà été des terres où le catholicisme a joué un rôle important. Voici venu le temps, à nouveau, de rayonner. De manière différente, certes, plus modestement, mais clairement et sans hésitation.   Follow me on Suivre gpofm sur Twitter