
Né à Gentilly au Québec le 31 janvier 1936, fils de Louis-Paul et Cécile Mailhiot, le frère Raymond a fait ses études au Collège Saint-Antoine (1951-1957) de Trois-Rivières, au Séminaire des Saints-Apôtres (philosophiques), au Séminaire franciscain de théologie à Montréal (1961-1965). Entré au noviciat des Franciscains à Sherbrooke le 7 août 1960, il prononce ses vœux temporaires en août 1961 et ses vœux solennels en 1964, avant d’être ordonné prêtre en avril 1965. Il est attiré par la vie franciscaine car elle est « à la fois active et contemplative, elle a une multiplicité d’œuvres ». Il aime l’esprit de la communauté et cherche une vie dans laquelle il peut aider son prochain.
Le frère Raymond entre à l’Université Laval pour étudier la sociologie et obtient son baccalauréat en Sciences sociales en 1968. À la suite il prend des cours en sociologie pastorale à l’Université de Washington et apprend l’anglais. Souhaitant mettre ses connaissances en pratique, il retrouve le Camp Notre-Dame-de-Montréal à Saint-Liguori, où il avait commencé comme moniteur en 1952. Il en prend la direction en 1969, fonction qu’il occupera pendant dix ans. Il siège également au Conseil d’administration de l’Association des Camps du Québec, et poursuit ses études à l’Université d’Ottawa pour y décrocher sa maîtrise Maîtrise des arts (sociologie) en 1975.
En 1978, il entame un travail pastoral à la Maison du Pardon à Nicolet, mais six ans plus tard il demande à son Provincial une année sabbatique pour se ressourcer : il passe du temps en famille, voyage en Italie, et séjourne quatre mois en Haïti. Il rentre au Québec convaincu que sa place est auprès du peuple haïtien.
C’est en décembre 1987 qu’il pose les bases de la mission franciscaine en Haïti, d’abord à Pestel. Cette présence grandira au fil des années pour s’ériger, en 2009, en Fondation Sainte-Croix d’Haïti, rassemblant des frères de plusieurs nationalités autour d’une vocation commune. Installé à Port-au-Prince à partir de 2001, il consacre ses énergies à l’évangélisation, à la formation à la vie religieuse franciscaine et au ministère paroissial, tout en apportant une aide concrète aux familles dans le besoin et aux jeunes.

Au début des années 1990, lors de la répression qui suit le coup d’État de 1991, il pose l’un des gestes les plus marquants de son engagement : refusant de rester à l’abri, il prend lui-même la mer pour rejoindre les réfugiés haïtiens qui fuient sur des embarcations de fortune vers Guantánamo. Quinze ans plus tard, il commémorait encore avec émotion cette décision de partager la condition des « boat people », notamment celle de ses paroissiens de Pestel.
Les épreuves ne l’ébranlent pas. Après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, il s’attelle à améliorer les conditions de vie des dizaines de milliers de sinistrés regroupés dans des camps improvisés, tout en mettant sur pied un projet d’aide pour les jeunes de la rue. Fidèle à l’esprit de François d’Assise, il demeure auprès des plus pauvres avec une constance qui force l’admiration, marquant profondément la vie franciscaine haïtienne pendant 35 ans.