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Matthieu Boulva: Dans l’ADN de François d’Assise

Matthieu Boulva: Dans l’ADN de François d’Assise

Issu de la troisième génération des Boulva au Québec, Matthieu a visité la terre de ses ancêtres, en France, alors qu’il était jeune, insouciant et indécis quant à son avenir professionnel. «Je n’étais pas branché, je suis donc parti à vélo pendant un an faire le tour de l’Europe de l’Ouest. Après avoir visité Paris et Bordeaux, je suis resté en Espagne pendant trois mois. C’est là qu’a débuté ma prise de conscience en Dieu», précise celui qui a été élevé dans la foi chrétienne catholique.

La dame, l’argent et le boulanger
«Je sentais qu’il y avait une force supérieure qui agissait en ma faveur», souligne-t-il. Le postulant au couvent de Trois-Rivières raconte trois événements marquants en Europe qui l’ont dirigé peu à peu vers Dieu. Il s’est d’abord fait accoster par un homosexuel qui l’a invité à monter chez lui, mais le franciscain a refusé l’invitation. «J’ai entendu sonner les cloches d’une église, où je suis allé me réfugier. Une dame s’est approché de moi en me disant: Vous venez de vivre quelque chose de difficile, n’est-ce pas? Elle m’a donné une branche de rameau avant de partir», dit-il.

Quelque temps plus tard, à Séville, Matthieu s’est fait détrousser par un voleur. «J’étais découragé. Je suis allé prier dans une église, et c’est à ce moment-là qu’un homme est venu me porter 50$. J’étais sous le choc.» 

Le troisième événement — et non le moindre — a mené Matthieu à un jeûne forcé pendant deux jours. «J’avais 18 ans et j’étais un peu insouciant. Je ne planifiais pas vraiment. Ça faisait deux jours que je n’avais pas mangé et j’avais très faim. Un boulanger s’est arrêté où j’étais et m’a donné des pains, des gâteaux! Chaque jour, nos certitudes sont ébranlées, mais on reçoit souvent au-delà de ce que nous demandons ou nous pensons», affirme-t-il.

Heureux avec les pauvres
À l’époque, le postulant franciscain a seulement une notion théorique et non vivante de Dieu. Il le relègue à certains domaines, sans y confier toute sa vie. «Pendant mon baccalauréat en marketing, j’étais sur le party. Comme François d’Assise, mon père était aisé. J’avais aussi des rêves de grandeur. Je voulais trouver la recette miracle pour faire le million; je développais des idées et concevais des inventions, mais ça ne levait pas», explique-t-il.

«Pendant cette période d’exaltation, j’ai aussi connu une période trouble, où je me posais beaucoup de questions existentielles. J’étais plus sensible à la part de ténèbres en moi; l’argent ne m’intéressait plus autant qu’avant. Ma voie était ailleurs. Finalement, Dieu pouvait occuper une part beaucoup plus importante que ce que j’avais prévu», poursuit le postulant.

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Le Seigneur a tranquillement commencé à agir dans la vie du Franciscain. C’est lors d’un séjour à l’Abbaye Saint-Benoît-du-Lac qu’il découvre, dans un livre, Saint François. «Son charisme m’a interpellé et m’a permis de travailler au quotidien auprès des pauvres, comme à la Société Saint-Vincent-de-Paul et à l’Accueil Bonneau. Les pauvres subissent du rejet. Si je peux jeter un regard positif sur eux, ils se sentiront mieux. Je peux constater la vraie humilité de devoir quêter son pain quotidien», témoigne-t-il.

Tranquillement, Dieu a tracé son chemin jusqu’au coeur du trentenaire. «Ça s’est rendu jusque là, grâce à l’amitié que j’ai développée avec soeur Annette, des Soeurs de la Providence dans Hochelaga-Maisonneuve. J’ai commencé à être bénévole pour elle à la maison Kangourou, où les parents déposent leurs enfants pour prendre une pause. Ma foi a grandi pendant cette période. De plus en plus, j’étais convaincu que Dieu m’amenait vers cette vie-là», ajoute-t-il.

Matthieu Boulva confie aimer le Seigneur de tout son coeur. Il a insisté pour partager une citation du conférencier franciscain Michel Hubaut, résumait bien son parcours de foi: «Captif dans les prisons de Pérouse (Italie), longue maladie, rêver de gloire, tous ces événements sont autant de lieux où l’esprit le conduit du relatif à l’essentiel, de l’extérieur à l’intériorité, du paraître à la vérité de l’être.»

En août dernier, il a été accueilli chez les Franciscains de l’Est du Canada, comme postulant pour un an. «Je viens de me joindre à la communauté, et c’est tout nouveau tout beau, mais je crois que c’est pour la vie», conclut-il.

Propos recueillis par Véronique Demers